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Oiseaux semi-cavernicoles
  nichant sur les bâtiments

en Région de Bruxelles-Capitale


 Cette page présente les espèces d'oiseaux semi-cavernicoles qui, dans l'agglomération bruxelloise, nichent sur les constructions humaines: bâtiments et vieux murs, mais aussi ponts, etc..
Elle a été conçue en prolongement de notre projet "Martinet" .


quelles espèces?         les reconnaître
"cavernicoles" / "semi-cavernicoles" ??

Il s'agit essentiellement de 3 espèces de petite taille:
- le rougequeue noir élève sa nichée exclusivement chez nous sur les constructions;
- beaucoup moins fréquentes à Bruxelles: la bergeronnette grise et très localement la bergeronnette des ruisseaux.

Quelques oiseaux plus grands font aussi leur nid sur les bâtiments, dans des cavités plus ou moins ouvertes ou dans des encoignures abritées. Il s'agit notamment du faucon crécerelle et du faucon pèlerin. Le terme de semi-cavernicole leur est moins adapté.


Les reconnaître

rougequeue noir        L. 18 cm; envergure > 40 cm !

- bec fin
- queue rousse agitée nerveusement
- attitude dressée, avec fréquentes "révérences"
- cris: "vuit" sifflé ou "vuit  tk  tk", "tictictic" rapide; chant: plusieurs motifs se succèdent en quelques secondes, dont un ressemblant à un bruit de papier froissé
bergeronnette grise        L. 15 cm

- queue moyennement longue, hochée régulièrement
- noire, blanche et grise
- cris: "tchirip"
bergeronnette des ruisseaux      L. 20 cm
- queue très longue, hochée en permanence
- ventre jaune, dos gris, bavette noire
- cris: "tissit", plus perçant que le cri de la grise; "wuit" sonore

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le Rougequeue noir  Phoenicurus ochruros  Zwarte roodstaart

Le "petit ramoneur" ?
Les couleurs suie du mâle, et l'habitude de fréquenter les toitures, cheminées, gouttières... pourraient amener à lui donner ce surnom. Pourtant, on peut tout autant l'observer à hauteur d'homme ou au niveau du sol, à condition qu'il trouve quelqu'endroit dégagé pour se percher et des secteurs dépourvus de végétation pour chasser (insectes, araignées): parcelles de potagers, murets, etc.

Pour nicher: pas difficile !
Le rougequeue noir peut installer son nid dans des endroits très divers, mais de préférence à hauteur considérable. En ville, les vieux murs et les toitures offrent quantité de possibilités.
Contrairement aux martinets, aux moineaux domestiques ou même aux étourneaux, les rougequeues noirs défendent autour du nid un territoire plus ou moins étendu. Ils ne forment pas de colonies et nichent donc autant sur des bâtiments isolés que sur des maisons jointives.

À Bruxelles: une espèce commune !


la Bergeronnette grise Motacilla alba  Witte kwikstaart
Une "lavandière"
La bergeronnette grise porte bien l'ancien nom de "lavandière" (qui s'applique aussi à la bergeronnette des ruisseaux), car elle fréquente très volontiers le bord des eaux (plages nues au bord des étangs notamment), et niche souvent sur les petites constructions qui les jouxtent, tels les lavoirs d'autrefois. Mais elle peut aussi s'éloigner des milieux aquatiques, et s'accommode de terrains de chasse variés, du moment que la végétation y soit clairsemée ou rase. En ville, elle arpente particulièrement les pelouses de parcs, les toitures, les sites industriels et annexes ferroviaires... picorant les insectes en marchant ou les capturant d'un envol bref.
Malgré sa taille modeste, elle ne passe pas inaperçue car toujours en mouvement, la queue balançante (d'où l'autre nom des bergeronnettes: les hochequeues) et pas avare de cris. En dehors de la période de reproduction, les bergeronnettes se montrent très sociables.
Chez nous, elle est majoritairement migratrice: la plupart des individus passent l'hiver dans le SO de l'Europe, voire au Maghreb; son retour est précoce: souvent déjà fin février.

Pour nicher:
La bergeronnette grise construit son nid dans un recoin abrité, entre deux blocs disjoints, sur une poutrelle... à des hauteurs très variées et parfois importantes (toits de buildings), sur des constructions très diverses: petits bâtiments en ruines, ponts, hangars... La proximité de l'eau est souvent recherchée, mais pas obligatoire. Elle se montre localement très fidèle à son site de nidification, y revenant année après année.
Malgré que ses exigences paraissent limitées, elle n'atteint jamais des densités élevées: les couples nicheurs sont largement espacés.

À Bruxelles: plus commune du tout !
En milieu rural, la bergeronnette grise est un nicheur largement distribué. Son adaptation au milieu urbain semble assez ancienne (début du XXe s. déjà), et à la fin des années 1980 elle était un nicheur répandu en Région bruxelloise, y compris quelques couples dans le centre-ville  (population totale de la Région estimée alors à 200-350 couples). Mais sa situation semble s'être dégradée depuis: des quartiers entiers ont été désertés, et l'estimation de 2000-2004 ne donnait plus que 85 couples nicheurs. Les causes de ce déclin ne sont pas connues. Il faut noter que des nicheurs se sont maintenus dans le centre ville et notamment dans les vieux quartiers industriels jouxtant le Canal.


la Bergeronnette des ruisseaux Motacilla cinerea Grote gele kwikstaart

L'autre "lavandière"
C'est avant tout au bord des cours d'eau (dont, à Bruxelles, la Woluwe et le Canal) qu'il faut rechercher cette bergeronnette, qui fréquente aussi bien les zones boisées (peu prisées par la grise) que des milieux semi-ouverts. Elle peut également être observée au bord des étangs, voire de petites pièces d'eau tout à fait artificielles en centre-ville. Elle glane les insectes parmi les cailloux, sur les berges empierrées, sur les plages de vase au bord des flaques... ou sur les toitures et dans les gouttières! Hors reproduction surtout, elle peut se nourrir loin de l'eau. Nerveuse, elle se déplace fréquemment d'un endroit à l'autre, d'un vol très onduleux.
Comme la bergeronnette grise, et parfois avec elle, la bergeronnette des ruisseaux peut former des dortoirs en hiver, situés dans les roseaux, dans un buisson ou parfois sur un toit.
Les begeronnettes des ruisseaux nichant chez nous sont "migratrices partielles", c-à-d qu'une partie des individus seulement effectuent de vrais déplacements migratoires: vers la France, l'Espagne ou le Portugal. D'autres individus restent sur place ou à peu de distance, ne se déplaçant vraiment que si les eaux sont prises par la glace. Nos régions accueillent aussi à la mauvaise saison des bergeronnettes des ruisseaux venues des Pays-Bas ou d'Allemagne.

Pour nicher:
Elle occupe le même type de cavités que la bergeronnette grise, mais la proximité immédiate de l'eau lui est bien plus indispensable; en fait, elle recherche particulièrement l'association eau/pierre. Une niche dans un vieux mur, sous un pont ou entre des racines d'arbres de la berge, sont les sites les plus fréquemment choisis.

À Bruxelles: plus commune du tout !
En m

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le Faucon crécerelle Falco tinnunculus Torenvalk

Beaucoup moins abondant en Région de Bruxelles-Capitale que les autres espèces présentées ici, puisque la population nicheuse totale a été estimée dans les années 2000 à 140-340 couples.


le Faucon pèlerin  Falco peregrinus  Slechtvalk




Un "cavernicole", c'est quoi ??

Les oiseaux cavernicoles, ou plutôt "cavicoles" sont ceux qui déposent leurs oeufs dans des cavités, plus ou moins fermées et profondes: trous dans les troncs d'arbres (dont les loges de pics), sous les écorces décollées, anfractuosités dans les rochers... (NB: l'hirondelle rustique et l'hirondelle de fenêtre ne sont donc pas cavernicoles, et ne sont pas détaillées sur  cette page).
Parmi eux, quelques-uns se sont bien adaptés aux constructions humaines, qui leur offrent de multiples possibilités de cavités abritées - du moins... dans les bâtiments à l'architecture traditionnelle.

Et les "semi-cavernicoles", alors ?


Ces oiseaux font également leur nid dans des anfractuosités, naturelles (rochers, entrelacs de racines) ou de constructions humaines (bâtiments, murs, ponts...), mais davantage ouvertes vers l'extérieur: ils recherchent avant tout les recoins abrités, sous un surplomb..., et évitent les cavités profondes.
Il s'agit à Bruxelles du rougequeue noir, des bergeronnettes grise et des ruisseaux.
Les aménagements proposés par le projet "Martinet" ne leur conviennent pas particulièrement, car celui-ci cible avant tout les petits cavernicoles: martinet, moineau domestique, étourneau.


Un peu de vocabulaire

anthropisé : fortement inflencé par les activités humaines

indigène : naturellement présent dans une région donnée

Pour en savoir plus...

*peuvent être consultés à la bibliothèque du Centre Paul Duvigneaud

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