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Oiseaux cavernicoles
  nichant sur les bâtiments

en Région de Bruxelles-Capitale


 
Cette page présente les espèces d'oiseaux cavernicoles qui, dans l'agglomération bruxelloise, nichent fréquemment dans les cavités des murs et des toitures.
Elle a été conçue dans le cadre de notre projet "Martinet"


quelles espèces?         les reconnaître
"cavernicoles" / "semi-cavernicoles" ??
page "semi-cavernicoles"
Il s'agit d'abord de 2 espèces qui, quoique sauvages, sont devenues étroitement dépendantes de nos constructions:
- le martinet noir élève sa nichée exclusivement chez nous dans des cavités de bâtiments élevés;
- le moineau domestique ne niche que très occasionnellement dans les arbres en Région bruxelloise.

La raréfaction progressive des sites de nid sur les bâtiments (rénovations...) constitue donc un facteur de menace important pour leurs populations.

Le cas d'une troisième espèce anthropophile est particulier, parce qu'elle n'existe dans nos régions que sous une forme domestique, retournée à l'état libre, et dont il ne faut pas encourager la nidification car elle est source de nuisances importantes en ville: le pigeon biset domestique.

D'autres cavernicoles utilisent souvent les cavités de bâtiments, mais nichent tout autant dans les arbres creux: l'étourneau sansonnet, le choucas des tours et le pigeon colombin

Quelques autres cavernicoles ne se reproduisent qu'occasionnellement dans les cavités de bâtiments: le grimpereau des jardins, les mésanges charbonnière et bleue, la chouette hulotte ou la perruche à collier, notamment. Nous n'en parlerons pas ici, non plus que du moineau friquet, du rougequeue à front blanc ou de l'effraie des clochers, quasi éteints en Région bruxelloise.

Plusieurs semi-cavernicoles comme le rougequeue noir ou les bergeronnettes grise et des ruisseaux nichent aussi quasi exclusivement à Bruxelles sur des constructions humaines. Elles seront présentées sur une autre page, car les aménagements de cavités en leur faveur doivent répondre à d'autres critères. On peut citer encore le Faucon crécerelle ou le Faucon pèlerin, qui recherchent des endroits abrités ou des cavités sur les sites élevés tels qu'églises ou bâtiments industriels.

Les reconnaître

martinet noir        L. 18 cm; envergure > 40 cm !

- ailes très longues et étroites => en vol, silhouette "en arc"
- queue courte profondément échancrée
- uniformément foncé (paraissant noir dans le ciel), excepté gorge claire
- vol nerveux, rapide et direct
- cris: stridents, peu variés "sriiii....sriiii"
ne confondez pas martinet et hirondelles
moineau domestique        L. 15 cm

- bec conique volumineux
- corps trapu
- plumage mêlant brun, beige et gris; mais mâle (joue blanche, bonnet brun roux) et femelle différents
- voix peu variée; cris: pépiements "tchip", et "tchrrrrt" d'irritation; chant simple: longue série de pépiements

étourneau sansonnet      L. 20 cm

- long bec pointu, jaune au printemps (sinon sombre)
- queue courte (contairement à celle du merle)
- en vol (rapide, légèrement onduleux): ailes assez courtes, triangulaires
- plumage sombre à reflets métalliques, piqueté de taches claires une partie de l'année,
- voix: cris et chants variés, souvent sifflés ou grinçants, riche en imitations
pigeons     L. 30 à 35 cm pour le biset


tout le monde connaît les pigeons: corpulents, pattes courtes, bec étroit... MAIS
ne confondez pas biset/colombin/ramier


choucas des tours      L.  30 à 34 cm

- noir; aspect de corneille mais bien plus petit
- nuque grise et iris clair
- voix: bien différente de celle de la corneille; crie surtout en vol et autour de la colonie: nombreux "kyak" puissants...

haut de page
le Martinet noir Apus apus Gierzwaluw
pour le voir: levez les yeux...

Le martinet ne se pose jamais!, excepté pour la nidification: construire le nid, pondre, couver, nourrir les poussins. Ce qui se déroule dans une cavité, qui doit nécessairement être perchée à plus de 5 m du sol.
C'est dans l'azur qu'il trouve nourriture (insectes volants et araignées emportées par les courants aériens), matériaux pour son nid (herbes sèches, plumes emportées par le vent) et... c'est dans le ciel qu'il dort!, se laissant dériver à haute altitude.
Son adaptation au milieu aérien est si poussée que, s'il aboutit malencontreusement au sol, il a beaucoup de mal à s'y déplacer (pattes très courtes, aux 4 doigts dirigés vers l'avant; ailes trop longues). Il est incapable d'en décoller et doit dès lors escalader, aidé de ses longues griffes, une paroi verticale; parvenu à quelques mètres de hauteur, il peut se laisser tomber, déployer ses ailes et rejoindre le ciel.

Jeune martinet recueilli au sol, ayant raté son saut dans le vide. Ce qui arrive régulièrement car, dans l'étroite cavité où ils sont nés, pas de place pour exercer les ailes! Leur premier envol est définitif, car ils ne reviendront plus dans une cavité avant l'âge adulte.

... et attendez les beaux jours!
Le martinet est un nicheur répandu à Bruxelles, mais vous ne disposez que de trois bons mois pour l'y observer. C'est l'un de nos oiseaux qui rentre le plus tardivement de ses quartiers "d'hiver" (courant avril pour les premiers, début mai pour la plupart), pour nous quitter déjà au tout début août - ne laissant que quelques retardataires.
Migrateur aux longs cours, le reste de son existence se déroule en Afrique, équatoriale et même australe!

Pour le nid: des exigences précises
Le martinet peut être observé en chasse au-dessus de toute la ville, et des campagnes avoisinantes. Mais pour nicher, il montre une préférence très marquée pour les quartiers les plus densément bâtis: vieux quartiers du centre-ville et centres anciens de communes comme Ixelles, Etterbeek, Schaerbeek... Ce sont en effet les rues et places comportant des maisons jointives et/ou de grands bâtiments d'architecture traditionnelle (notamment maisons communales, écoles...), qui lui offrent un large choix de cavités appropriées.
Quelques caractéristiques qu'il recherche:
- bâtiments: élevés, environnement dégagé, sans obstacles au vol (fils électriques, arbre élevé...)
- sous la cavité: pas de surface horizontale (toiture, balcon...) à moins de 4-5 mètres
- cavité: accès aisé, obscure, volume moyen (par exemple: profondeur 25 cm, largeur 18 cm, hauteur 10 cm), avec trou d'accès suffisamment large (min. 5-6 cm) mais pas trop haut (3 cm)



une situation favorable: bâtiment élevé, aucun obstacle sous la corniche

types d'emplacements favorables sur les bâtiments bruxellois d'architecture traditionnelle (classique...): jonction mur/toit, (sous)corniches, grands trous de boulins au cache-boulin légèrement soulevé

La nidification peut aussi avoir lieu, par exemple, en toiture - si une tuile soulevée fournit un accès suffisant.

Autre critère très important: la proximité d'autres martinets nicheurs! Cette espèce niche en colonies, et s'y montre très fidèle d'année en année; de même, les jeunes nés à un endroit chercheront à s'installer l'année suivante à proximité immédiate.
D'où la concentration de l'espèce dans certaines zones de la capitale: à la fois, les vieux quartiers sont ceux qui permettent l'existence de colonies (cavités en nombres suffisants, et rapprochées), et ils restent les plus attractifs car des colonies préexistent.
C'est donc là qu'il faut prioritairement agir si l'on veut anticiper le possible déclin de l'espèce lié à la raréfaction des cavités. C'est par exemple l'objectif du projet Martinet à Ixelles.

À Bruxelles: ça va plutôt bien, mais... ?
La distribution de l'espèce dans la ville n'est pas uniforme: il niche très peu dans les quartiers où l'habitat est pavillonnaire, ou bien dans les zones industrielles récentes, alors que les densités restent appréciables dans de nombreux quartiers du centre de la ville et même dans des zones plus périphériques, mais densément bâties (maisons jointives plus ou moins anciennes).
On craint cependant une tendance à la baisse. L'ampleur en est difficile à cerner, en raison de la difficulté à recenser correctement le nombre de nicheurs.


Ne confondez pas martinet et hirondelles
Les points communs entre ces oiseaux (forme générale, bec court mais s'ouvrant largement, pattes courtes) tiennent à une adaptation parallèle au mode de vie aérien: la chasse en vol des petites proies. Mais ils ne sont pas apparentés! Le martinet a d'ailleurs poussé ces adaptations beaucoup plus loin que les hirondelles.
martinet
hirondelle de fenêtre
hirondelle rustique



- ailes longues et étroites; silhouette d'arc
- plumage entièrement sombre (paraissant noir en vol), sauf une petite zone claire à la gorge
- envergure: 42-48 cm
- vol rapide et direct, coups d'ailes nerveux entrecoupés de planés
- ailes plus larges à la base
- au moins ventre blanc
- envergure max.: 33 cm
- vol indécis, moins rapide
largement répandu à Bruxelles
devenue nicheuse rare à Bruxelles: seules quelques petites colonies subsistent
quasi éteinte en Région bruxelloise comme nicheuse; n'occupe pas les milieux vraiment urbains, uniquement les zones rurales périphériques
cavernicole strict: occupe les trous existant dans les murs et sous les toits
non cavernicoles!
construisent un nid à base de boue séchée, sur les murs extérieurs/intérieurs de bâtiments (hirondelle de fenêtre/rustique )


le Moineau domestique Passer domesticus  Huismus

À part le caractère (semi-)cavernicole et une tendance marquée à former des "colonies" lâches, son mode de vie n'a pas grand'chose en commun avec celui des martinets.

Pour le voir, tout au long de l'année...
C'est au niveau du sol surtout que le moineau recherche sa nourriture, basée sur les graines de toutes sortes.
Dans les milieux urbains, il exploite les restes alimentaires (pain...) trouvés sur les places et dans les parcs, mais aussi les graines (graminées et autres plantes spontanées), partout où la végétation n'est pas trop haute ou dense: certains jardins, pelouses, friches avec plages de sol nu... Ces derniers milieux lui sont indispensables en période de reproduction, car son alimentation est alors complétée de petites proies, et les jeunes sont nourris exclusivement avec insectes et invertébrés.
Vous pourrez donc observer le moineau à Bruxelles dans divers types de milieux non boisés, en fonction de la saison. Il n'est pas migrateur.

Pour le nid: peu exigeant!
Le moineau peut construire son nid dans des types de cavités très différents, tant du point de vue de la hauteur, que de la taille ou du degré d'ouverture. Il se comporte aussi en semi-cavernicole, occupant de simples niches ou, par exemple, l'espace situé entre une tresse de câbles et une corniche (sans réelle cavité, mais abrité).
Cependant, un point est important: la proximité d'autres couples nicheurs. Il niche en effet de préférence en colonies lâches: quelques couples groupés sur des bâtiments voisins. La présence de buissons ou d'arbres est aussi fortement recherchée; c'est là, et aussi dans le lierre recouvrant les murs... que les non nicheurs se réunissent le soir en dortoirs. D'autres individus passent la nuit dans des nids construits spécialement à cette intention, et non pour la reproduction, en toute saison,.

À Bruxelles: des hauts et des bas
Le moineau domestique s'est largement répandu dans nos régions grâce à l'agriculture (céréales) - les villages agricoles constituant toujours son habitat optimal, car il y trouve à toute saison abris et nourriture en quantité et diversifiés. Son adaptation aux grandes villes date de nombreux siècles et, dans la première moitié du XXe, il était abondant à Bruxelles. Mais un Bruxelles bien différent d'aujourd'hui!: traction chevaline, jardins utilitaires (poulaillers, potagers)... lui assuraient des ressources abondantes.
Par la suite, les choses se sont gâtées, mais pas partout de la même façon. C'est semble-t-il dans les années 1980 que le déclin a commencé à s'accélérer en Région de Bruxelles-Capitale, entraînant dans la décennie 1990 une disparition (quasi) complète de l'espèce dans certains quartiers, globalement plus marquée dans le Sud de l'agglomération. Les causes en sont certainement multiples, et pas nécessairement clairement identifiées: on ne connaît pas le poids exact de la régression des friches et leur boisement, de la perte de cavités par rénovation de bâtiments, des échanges de population éventuels avec les zones rurales voisines...
Dans certains quartiers, ce déclin pourrait s'être ralenti actuellement. Le récent Atlas (comptages de 2000-2004) indiquait encore de belles densités dans le centre-ville et le NO de la Région bruxelloise (la commune de Molenbeek notamment).
Le maintien de cette espèce en ville est tributaire du maintien d'une mosaïque d'habitats différents, où le taux de verdurisation joue un rôle, de même que la présence de nature spontanée.


l'Etourneau sansonnet Sturnus vulgaris Spreeuw

Pour le voir: tendez l'oreille !
Vous entendez un pot-pourri extraordinaire de toutes sortes de sons, mêlés à des imitations (d'autres oiseaux, de sons divers), au-dessus du tumulte de la rue? C'est sans doute l'étourneau! Il peut être entendu toute l'année, dans toutes sortes de circonstances. Perché bien en évidence et les plumes de la gorge hérissées, le mâle vocalise surtout à proximité des cavités où sera construit le nid, mais les groupes d'oiseaux se réunissant le soir dans les arbres sont également bruyants.

L'etourneau s'observe beaucoup en vol, notamment parce que les non nicheurs - toujours en bandes - peuvent faire de longs trajets pour aller se nourrir dans les zones agricoles (prairies pâturées).
Quant aux nicheurs urbains, ils cherchent beaucoup leur nourriture dans les pelouses rases des parcs et grands jardins, où ils trouvent les invertébrés (notamment larves de tipules et vers de terre) nécessaires à l'élevage des jeunes, tandis que l'alimentation des adultes comporte aussi une grande proportion de graines, fruits (cerises, baies de sureau...). À la bonne saison, les étourneaux prospectent les feuillages des arbres à la recherche de chenilles de papillons, mais l'importance de cette source de nourriture en milieu urbain n'est pas connue.

l'étourneau recherche sa nourriture dans l'herbe courte, et dans la couronne des arbres
Dans nos régions, l'étourneau est "migrateur partiel", c-à-d qu'une partie seulement des individus entreprennent de vrais déplacements migratoires, qui les conduisent vers le SO de l'Europe.
Hors reproduction, les oiseaux se réunissent pour passer la nuit en grands dortoirs, qui peuvent réunir des (centaines de) milliers d'individus; en ville il s'agit généralement de grands arbres, ailleurs cela peut être des roselières. Sous de tels arbres, les dépôts de fientes peuvent être considérables et endommager la peinture de véhicules, par exemple. Mais seules des concentrations importantes d'étourneaux peuvent créer de telles nuisances, et cela ne se produit donc éventuellement qu'aux dortoirs, qui ne sont jamais situés sur des maisons.
La sociabilité de l'espèce est beaucoup moins marquée pour la nidification, et les étourneaux ne recherchent pas systématiquement la proximité d'autres couples nicheurs. La seule gêne réelle que peut entraîner l'occupation d'un nid sur une maison se situe à la fin de l'élevage des jeunes, ceux-ci pouvant se montrer assez bruyants - mais cette période ne dure pas...

Pour le nid: peu d'exigences
L'étourneau occupe pour nicher des cavités variées, du moment qu'elles soient localisées à hauteur suffisante (min. 3-4 m, nette préférence pour les situations élevées) et disposent d'un orifice de plus de 5 cm de diamètre. Elles sont souvent situées aux jonctions mur/toiture... et, à Bruxelles, la colonisation de trous de boulins suffisamment grands est fréquente. Elles sont éventuellement assez éloignées des sources de nourritures (parcs...).

À Bruxelles: progression puis... déclin!
Adaptée à la ville de longue date (XIXe s. au moins), cette espèce a connu au XXe une progression importante à Bruxelles, et en Europe en général, jusqu'aux années 1970. Depuis, la tendance s'est très nettement inversée - sans que les causes en soient clairement connues. La forêt de Soignes a ainsi été quasiment désertée, de même que certains quartiers arborés. Par contre, certains vieux quartiers de la capitale montrent encore de belles densités; la population nicheuse totale de la Région de Bruxelles-Capitale a été estimée, au début des années 2000, à une fourchette 1700-3500 couples, ce qui en faisait encore une espèce d'abondance moyenne à élevée.


Pigeons !
Il y a pigeon et pigeon

3 espèces bien différentes de pigeons se reproduisent à Bruxelles. Le seul à créer des nuisances est le pigeon biset, qui est un exotique naturalisé à partir de souches domestiquées par l'Homme. Les deux autres sont tout à fait indigènes: le colombin (cavernicole mais beaucoup plus rare que le biset domestique) et le ramier. Ce dernier n'est pas cavernicole, il construit son nid dans la ramure des arbres ou sur d'autres supports végétaux, tels du lierre couvrant un mur.

biset domestique
- très variable en couleurs
- mais presque tous les individus gris ont une tache blanche au bas du dos (croupion)
- les individus proches du type sauvage ont dessus des ailes et dos gris clair, contrastant avec tête et cou foncés
- voix: assez variable "cout'courroûh"...
colombin
- taille, silhouette et coloration voisines du biset sauvage MAIS
- jamais de tache blanche au croupion
- dessus des ailes et dos aussi sombres que la tête: aspect général de l'oiseau foncé, gris bleuté
- voix: généralement 2 syllabes "rhoûou"
ramier
- bien plus grand et corpulent que les 2 autres; poitrine forte
- large barre blanche sur l'aile, bien visible en vol
- tache blanche au côté du cou (sauf chez les jeunes)
- voix: phrase assez longue, de 5-6 syllabes, les deux dernières bien détachées "grouroûhcou-cou-couh"


le Pigeon biset domestique Columba livia  Rotsduif

Toutes les variétés domestiques de pigeons (voyageurs, boulants...) dérivent d'une seule et même espèce sauvage: le pigeon biset. Celui-ci niche encore aujourd'hui dans les falaises rocheuses, marines notamment. Les populations se reproduisant librement chez nous sont toutes issues de pigeons de concours ayant recouvré la liberté; elles montrent une gamme diversifiée de colorations.

Pour le voir... ne le nourrissez pas!
Très présent dans les quartiers les plus urbanisés de Bruxelles, le pigeon biset s'est très bien adapté à l'environnement urbain. Redevenu sauvage, il n'a nul besoin qu'on le nourrisse (pas plus que les rats...)! De plus, cela mène les communes à devoir entreprendre des campagnes de destruction... et donc, partant d'une bonne intention, on nuit à ces oiseaux...
Sa prolifération pose problème, par la quantité de fientes déposées sur les bâtiments et qui les dégradent (notamment les monuments historiques), par le bruit nocturne que provoquent ses concentrations...


le Pigeon colombin  Columba oenas  Kleine bosduif

Cette espèce nichait à l'origine, dans notre région, uniquement dans les larges cavités des vieux arbres; c'est ainsi qu'à la fin du XIXe siècle, elle était encore largement inféodée à la forêt de Soignes. Dans le courant du XXe, le colombin colonisa des parcs urbains, cimetières, grands jardins arborés... où le vieillissement progressif des arbres lui fournit une abondance de sites de reproduction. Cette adaptation aux milieux urbains se poursuivit par l'adoption d'arbres d'alignements, et dans les années 1950 l'espèce avait colonisé jusqu'à la première couronne bruxelloise. Le colombin peut aussi nicher maintenant dans de larges cavités de grands bâtiments, clochers... Cependant, il reste absent des quartiers dépourvus d'arbres, et ses densités restent faibles dans les milieux très urbanisés, comparées à celles observées dans les vieux massifs boisés - ou à celles du ramier et du biset!
Son adaptation à la ville est d'ailleurs essentiellement limitée au choix de sites de nids. Pour se nourrir, ces oiseaux continuent à fréquenter essentiellement les zones périphériques: pelouses des grands parcs (bois de la Cambre par exemple), zones agricoles... Ils peuvent ainsi parcourir de grandes distances entre nid et sites de nourrissage.
Le pigeon colombin, qui ne prolifère pas, n'est pas source de nuisances.


le Choucas des tours Corvus monedula Kauw

Beaucoup moins abondant en Région de Bruxelles-Capitale que les autres espèces présentées ici, puisque la population nicheuse totale a été estimée dans les années 2000 à 140-340 couples. Une partie seulement nichent dans des cavités de bâtiments élevés (clochers, ruines...), les autres occupent de grands arbres âgés (peupliers, hêtres) de vieux parcs publics et grandes propriétés arborées.  Le choucas accompagne les constructions humaines depuis plusieurs siècles. Au début du XXe, on connaissait ainsi des colonies jusqu'en centre-ville (parc de Bruxelles...), mais celles-ci ont maintenant disparu et les principales colonies actuelles sont plutôt dans la "2e couronne" bruxelloise. Cependant, les choucas continuent à fréquenter les parcs du centre pour rechercher leur nourriture, ce qu'ils font particulièrement en arpentant les grandes pelouses rases - quand leur vol puissant ne les amène pas dans les prairies des zones agricoles périphériques.

Pour le nid: recherche vue imprenable
Sur les bâtiments comme pour les nidifications arboricoles, les principales exigences du choucas sont de disposer de cavités élevées, suffisamment spacieuses mais aussi nombreuses, car l'espèce est très sociable et ne niche qu'en colonies - au sein desquelles les couples sont formés pour la vie...




Un "cavernicole", c'est quoi ??

Les oiseaux cavernicoles, ou plutôt "cavicoles" sont ceux qui déposent leurs oeufs dans des cavités, plus ou moins fermées et profondes: trous dans les troncs d'arbres (dont les loges de pics), sous les écorces décollées, anfractuosités dans les rochers...
Parmi eux, quelques-uns se sont bien adaptés aux constructions humaines, qui leur offrent de multiples possibilités de cavités abritées - du moins... dans les bâtiments à l'architecture traditionnelle.
(NB: l'hirondelle rustique et l'hirondelle de fenêtre ne sont donc pas cavernicoles, et ne sont pas détaillées sur cette page)

Et les "semi-cavernicoles", alors ?


Ces oiseaux font également leur nid dans des anfractuosités, naturelles (rochers, entrelacs de racines) ou de constructions humaines (bâtiments, murs, ponts...), mais davantage ouvertes vers l'extérieur: ils recherchent avant tout les recoins abrités, sous un surplomb..., et évitent les cavités profondes.
Il s'agit à Bruxelles du rougequeue noir, des bergeronnettes grise et des ruisseaux.
Les aménagements proposés par le projet "Martinet" ne leur conviennent pas particulièrement, car celui-ci cible avant tout les petits cavernicoles: martinet, moineau domestique, étourneau.

Un peu de vocabulaire

anthropisé : fortement inflencé par les activités humaines
indigène : naturellement présent dans une région donnée
tipule : insecte de l'Ordre des Diptères (comme le moustique); les adultes présentent une paire d'ailes étroites, et de très longues pattes. Ce sont les cousins. Les larves ressemblent à des vers et vivent près de la surface du sol (des prairies et pelouses pas trop sèches, notamment) ou dans les sédiments des eaux douces.

Pour en savoir plus...

*peuvent être consultés à la bibliothèque du Centre Paul Duvigneaud

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