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Paul
Duvigneaud
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Marche-en-Famenne, 13 août 1913
- Bruxelles, 21 décembre
1991
Savant original et passionné, doté d’une très vaste culture, Paul Duvigneaud ne fut pas seulement un extraordinaire professeur de botanique, il fut aussi un humaniste soucieux du devenir de l’homme, un visionnaire qui n’hésitait pas à enfourcher l’utopie pour la maîtriser d’autant mieux. |
![]() Le centenaire de la naissance de P. Duvigneaud sera commémoré en octobre 2013 par l'organisation d'un symposium à l'ULB et d'une exposition au CiVA, accompagnés d'une publication. |
Chimiste et biologiste de formation, Paul
Duvigneaud
partagea son existence entre la recherche scientifique et les charges
d’enseignement qui lui furent conférées à
l’Université Libre de Bruxelles, à la Faculté des
Sciences agronomiques de Gembloux et, plus tard, à
l’Université de Paris VII où lui fut
décerné le titre de docteur honoris causa de la Sorbonne.
Attiré dès l’enfance par l’observation de la nature et des paysages, tout était pour lui objet d’investigation. Son infatigable curiosité et son opiniâtreté dans la recherche le conduisaient à des études originales et souvent inattendues.
En se consacrant tout d’abord à la lichénologie, dont il était devenu un spécialiste, il se passionna pour la phytosociologie dont il bouleversa les données traditionnelles en créant la notion des groupes écologiques.
Après la seconde guerre mondiale, ses nombreuses missions au Congo belge, dont il ramena un matériel scientifique considérable, furent le point de départ de recherches importantes sur la systématique des plantes tropicales. Par ailleurs, les gisements métallifères du Katanga lui permirent d’approfondir ses recherches sur les relations sol-plante.
Mais, de plus en plus, il allait se consacrer à l’écologie fondamentale et à l’étude des écosystèmes. C’est à partir, notamment, des stations expérimentales de Mirwart et de Virelles que se développèrent ses nombreuses recherches sur « l’écosystème-forêt ». Il fut ainsi à l’origine du Programme Biologique International et assura la présidence du SCOPE (Special Committee on Problems of the Environment).
À dire vrai, ses quelques 260 publications touchent à tous les domaines de la botanique et des sciences de la nature : systématique, lichénologie, phytosociologie, ressources naturelles, protection de la nature, pharmacologie, pédologie, foresterie, agroécosystèmes, productivité, etc..
Il ne faut pas oublier les nombreux
rapports qu’il rédigea au sein de l’UNESCO pour l’enseignement
de la biologie à tous les niveaux, ni surtout ses études
sur l’écosystème urbain dont il fut le premier,
vraisemblablement, à expliquer le fonctionnement.
L'écologie comme mode de pensée
Pour certains, l’écologie
représente seulement l’étude des
écosystèmes, le constat des rapports entre l’homme et son
environnement. Un constat sans doute très important au
même titre que celui des interactions entre le doryphore et la
pomme de terre.
Pour Paul Duvigneaud, l’écologie se devait d’être, plus largement, « la base scientifique d’une société nouvelle ». Chantier nettement plus vaste et passionnant à une époque où « la fin des idéologies nous laisse en peine d’un projet de société » (extrait du programme de la conférence du Forum Civique européen, 1993).
Il est vrai que, pour lui,
l’écologie était aussi une manière de penser, mais
qui ne pouvait se développer qu’à partir de la
connaissance scientifique. Sa rigueur dans la recherche, son
intransigeance à l’égard des théories à
l’emporte-pièce ou des slogans à la mode ont fait que,
durant toute sa vie, il s’est acharné à penser librement,
ce qui est, comme chacun sait, la façon la plus
dérangeante de penser !
Le développement d'une "écologie urbaine"
| D'autre part, Duvigneaud publie
en 1977 avec plusieurs de ses
collaborateurs (on peut parler d'une "école de Bruxelles"
basée à l'ULB) une "carte écologique" de ce qui
constitue alors l'Agglomération bruxelloise. Cette cartographie
les mène à distinguer une vingtaine de sous-systèmes
inégalement répartis à travers la ville,
basés à la fois sur des caractéristiques de
"naturalité" (degrés de verdurisation
et caractère plus ou moins aménagé
des
espaces verts) et des données sociologiques ou de
géographie humaine. |
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Ses réflexions sur les
potentialités d'un
développement économique et social respectueux du
bien-être des populations le mènent à une
véritable "morale écologique", à l'écologie
humaine. La conservation de la nature (qu'on appelerait aujourd'hui "de
la biodiversité") y tient une place importante. Dans ses
derniers combats, Paul Duvigneaud se fera le chantre du respect
d'espaces semi-naturels comme les friches, ou d'une gestion plus
écologique des espaces verts aménagés (parcs et
bords de voiries...). Il y voit des espaces dans lesquels l'homme peut
trouver à la fois un épanouissement (curiosité et
émerveillement, activités artistiques, mais aussi
détente...) - et à ce titre tout Bruxellois doit pouvoir
y avoir un accès suffisant -, et des outils de diagnostic et de
gestion de l'environnement (étude de bio-indicateurs des
polluants atmosphériques; phytoremédiation...).
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L'ASBL
Inter-Environnement
Bruxelles a rendu hommage à P. Duvigneaud, tout d'abord en
mettant sur pied
dès 1993 un Prix Paul Duvigneaud
de l'Education permanente à l'Environnement urbain (que notre
association a ensuite repris), puis en publiant, en 2004, un
supplément
à son bimensuel Bruxelles en
mouvements,
intitulé "Paul
Duvigneaud, de l'écologie à l'éducation à
l'environnement". L'influence de Paul Duvigneaud dans la genèse et l'actualité des concepts d'écologie urbaine et de développement durable des villes y est illustrée au travers, notamment, de 3 entretiens avec des personnalités qui comptèrent parmi ses proches collaborateurs: Bernard Jouret, Serge Kempeneers et Martin Tanghe. télécharger ici la première partie de ce fascicule (PDF, 545 K): 1. article de Almos Mihaly (IEB): L'influence de Paul Duvigneaud à Bruxelles; le précurseur de la notion d'écosystème; 2. Les continuateurs de l'oeuvre: propos recueillis par A. Mihaly |