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de la Région de Bruxelles-Capitale Sprinkhanen van
het Brussels Hoofdstedelijk Gewest
|
| Les criquets, sauterelles, et
leurs cousins les tétrix, les grillons et les
courtilières forment ce que les entomologistes appelent l'Ordre
des Orthoptères. Leurs pattes postérieures sont longues,
adaptées au saut (à l'exception des courtilières),
leurs ailes antérieures sont coriaces et ne servent pas au vol;
de nombreuses espèces ont une paire d'ailes, ou les 2,
atrophiées - chez tous les individus ou seulement une partie de
la population (microptères...). Ce sont des insectes "musiciens", qui produisent une stridulation grâce au frottement des pattes sur les ailes (criquets) ou des ailes l'une contre l'autre (sauterelles, grillons). |
protection législation bibliographie et projet Saltabru |
| Sauterelles |
famille
des Tettigoniidés |
Sabelsprinkhanen |
| Barbitiste des
bois |
Barbitistes
serricauda |
Zaagsprinkhaan |
| Conocéphale
bigarré |
Conocephalus
discolor |
Zuidelijke
spitskopje |
| Conocéphale
des roseaux |
Conocephalus
dorsalis |
Gewoon spitskopje |
| Decticelle
cendrée |
Pholidoptera
griseoaptera |
Braamsprinkhaan |
| Grande sauterelle
verte |
Tettigonia
viridissima |
Grote groene
sabelsprinkhaan |
| Méconème
fragile |
Meconema
meridionale |
Zuidelijke
boomsprinkhaan |
| Phanéroptère
commun ou Sauterelle à ailes en faux |
Phaneroptera
falcata |
Sikkelspinkhaan |
| Sauterelle des
chênes |
Meconema
thalassinum |
Boomsprinkhaan |
| Sauterelle
ponctuée |
Leptophyes
punctatissima |
Struiksprinkhaan |
| Grillons | famille des Gryllidés | Krekels |
| Grillon domestique |
Acheta
domesticus |
Huiskrekel |
| (Grillon d'Italie) |
(Oecanthus
pellucens) |
(Boomkrekel) |
| Courtilières |
famille des Gryllotalpidés | Veenmollen |
| Courtilière
commune |
Gryllotalpa
gryllotalpa |
Veenmol |
| Tétrix
("criquets pygmées") |
famille
des Tétrigidés |
Doornsprinkhanen |
| Tétrix des carrières | Tetrix
tenuicornis |
Kalkdoorntje |
| Tétrix des clairières | Tetrix undulata | Gewoon doorntje |
| Tétrix des vasières | Tetrix ceperoi | Zanddoorntje |
| Tétrix
subulé |
Tetrix subulata | Zeggedoorntje |
| Criquets
"vrais" |
famille des Acrididés | "echte"
Veldsprinkhanen |
| Criquet des marais ou Criquet ensanglanté | Stethophyma grossum | Moerassprinkhaan |
| Criquet des
pâtures |
Chorthippus parallelus | Krasser |
| Criquet duettiste |
Chorthippus
brunneus |
Bruine sprinkhaan |
| Criquet
mélodieux |
Chorthippus
biguttulus |
Ratelaar |
| Oedipode bleue |
Oedipoda
caerulescens |
Blauwvleugelsprinkhaan |
Le plus largement répandu actuellement à
Bruxelles est le Conocéphale
bigarré,
qui peut être observé (dans les milieux favorables:
friches herbacées, humides ou plus sèches; fossés
et zones humides) à travers toute l'agglomération, y
compris dans la "première couronne". C'est une espèce en
pleine expansion depuis plusieurs décennies: il y a 30 ans, elle
n'était connue que de l'extrême O de la côte belge
et de la Gaume; elle est maintenant largement distribuée dans le
pays. Ses facultés de vol ont contribué à cette
expansion, de même qu'à la colonisation d'espaces verts
centraux dans la ville.
On l'appelle aussi parfois "sauterelle
des ronces",
car elle est en effet abondante dans les massifs de ronces, sur
les talus et particulièrement le long des lisières
forestières... C'est une sauterelle
commune, assez peu exigeante sur la qualité de l'habitat (une
des rares espèces qui reste fréquente dans les
régions d'agriculture intensive par exemple), mais qui semble
avoir déserté le centre de la ville.On l'identifie aisément (à Bruxelles particulièrement, ou aucune autre sauterelle n'a ses couleurs) à son dos gris-brun... mais retournez l'animal: son ventre est jaune-vert! Ses ailes sont réduites. La stridulation est brève: un "tssrit" répété à intervelles espacés, qu'on peut entendre jusqu'au mois de novembre car c'est notre sauterelle la plus longévive.
| Grande, elle l'est vraiment!
puisque le corps de la femelle atteint 42
mm (avec les ailes et l'oviscapte, cela fait pratiquement 10 cm de
long!); et verte, aussi. Il s'agit réellement de l'une des
espèces les plus impressionnantes de notre entomofaune. D'autant
qu'elle vole assez fréquemment (mais pas tellement bien). Sa stridulation est puissante et longue, on l'entend surtout au mois d'août ("coq d'aousse" en Wallonie), dans les champs ou les friches ensoleillées à hautes herbes; elle est largement distribuée à Bruxelles et pas rare. |
![]() femelle
|
Ses
fortes mandibules sont capables de mordre douloureusement un doigt
humain - mais il faut pour cela la prendre en mains: ellle ne viendra
jamais vous attaquer d'elle-même!! C'est une espèce
essentiellement carnivore, s'attaquant à d'autres insectes.![]() mâle |
Espèce récemment arrivée à
Bruxelles, on l'appelle aussi Sauterelle à ailes en faux, car
ses ailes postérieures membraneuses dépassent largement
vers l'arrière les antérieures, et prennent la forme
d'une lame de faux. Sa face blanche est typique.Le Phanéroptère recherche surtout les milieux secs et bien ensoleillés, avec hautes herbes ponctuées de buissons bas. Les abords de voies ferrées lui sont souvent favorables, et l'on pense que le réseau ferroviaire a favorisé son expansion en Belgique. Elle s'observe maintenant dans de nombreuses friches bruxelloises.
Le
Grillon des champs (Veldkrekel Gryllus
campestris), signalé en divers endroits de la future
Région de Bruxelles-Capitale avant 1950, en a disparu
aujourd'hui comme en maintes régions de Basse et Moyenne
Belgique où l'agriculture s'est fortement intensifiée.![]() |
Ne subsisterait plus à
Bruxelles que le Grillon domestique
(Huiskrekel Acheta domesticus),
une espèce qui ne peut vivre durablement sous nos climats
qu'à
l'intérieur de bâtiments. Il recherche
particulièrement ceux où la nourriture est abondante et
la chaleur élevée et constante, comme les boulangeries.
Absent donc en milieu "naturel", sa fréquence à Bruxelles
est mal connue. Quelques observations très ponctuelles du Grillon d'Italie (Boomkrekel Oecanthus pellucens) ont été réalisées certaines années. Il n'est pas possible de dire pour l'instant si cette espèce, d'origine méridionale, va pouvoir s'installer durablement à Bruxelles. Les observations se multiplient dans notre pays ces 15 dernières années, mais l'espèce reste rare et signalée surtout des régions où les sites "naturels" thermophiles (pelouses calcicoles, carrières...) sont nombreux. |
Ce sont
de loin les criquets les plus fréquents dans notre pays.
3 espèces sont connues avec certitude à Bruxelles
actuellement et largement distribuées, mais se ressemblent
(assez) fort et nous ne détaillerons pas leurs
différences. Elles recherchent les lieux à
végétation herbacée et les milieux (semi-)ouverts,
la fréquence des espèces dépendant notamment de la
structure de la végétation (haute ou basse, avec ou sans
sol nu...), de l'humidité du sol et des possibilités de
colonisation de chaque site. Les friches ensoleillées, les bords
de voiries à
fauche tardive ou les abords de voies ferrées sont des exemples
d'habitats favorables.| Seul orthoptère protégé par la Loi en Belgique, ce n'est pourtant pas à proprement parler une espèce très rare, mais inféodée aux habitats rocailleux ou à sol superficiel, très bien ensoleillés et secs (terrils par exemple); à Bruxelles, ces conditions sont réunies le long de certaines voies ferrées et, là, il est représenté dans une série de sites, répartis surtout le long de l'axe ferroviaire Nord-Midi. | ![]() |
Ses
couleurs de camouflage, ses gros yeux et ses ailes
postérieures bleues, visibles uniquement quand il s'envole, le
rendent facile à identifier chez nous, où aucune autre
espèce ne lui ressemble. |
![]() criquets (espèce absente à Bruxelles) |
![]() sauterelle (femelle) |
![]() grillon |
Menaces et protection
Parmi les orthoptères liés aux arbres
et arbustes, seul le Barbitiste des bois semblerait menacé, par
le caractère très isolé de la population
bruxelloise (si toutefois il y en a bien une). Pour les autres
(Sauterelle des chênes et Méconème fragile,
Sauterelle ponctuée), les ligneux des massifs boisés
"naturels" (Soignes, Laerbeek...), amis aussi ceux des parcs, voire des
intérieurs d'îlots ou des bords de voiries... semblent
offrir des conditions favorables, et ces espèces restent
à la fois largement distribuées et numériquement
abondantes.
Parmi les espèces liées à la strate
herbacée et au sol, les plus menacées actuellement sont
sans doute
le Conocéphale des roseaux, qui a sans doute connu à
Bruxelles, comme dans une bonne partie des Basse et Moyenne Belgique,
une régression importante au cours du XXe siècle,
liée notamment aux pertes d'habitats: drainage ou banalisation
des zones humides en tous genres
une partie des tétrix (certainement T. ceperoï et T. tenuicornis) et le Criquet
à ailes bleues, qui sont des espèces
(xéro-)thermophiles étroitement dépendantes
actuellement en Région de Bruxelles-Capitale de friches et/ou
bords de voies ferrées peu rudéralisés
(végagtaion herbacée basse et clairsemée par
endroits..., sol nu se réchauffant rapidement). Les autres
biotopes xéro-thermophiles autrefois présents
(sablières ou pelouses semi-naturelles maigres sur sable,
notamment), ayant disparu par urbanisation ou boisement
spontané. Le rôle important de refuge du réseau
ferroviaire pour de telles espèces (nombreux cas aussi parmi les
reptiles, les papillons....) doit être souligné.
Les friches peu boisées sont aussi les milieux les plus
attractifs pour plusieurs autres espèces comme le
Phanéroptère "commun" (qui n'est pas si commun que
cela!), le Conocéphale bigarré, la Grande sauterelle
verte, l'ensemble des criquets; globalement, c'est là que l'on
rencontre la plus grande diversité en espèces
d'orthoptères.
La protection d'une partie de ces sites s'impose donc, mais aussi leur
gestion adéquate. En particulier, l'évolution naturelle
vers le boisement doit être contrecarrée, et la fermeture
du tapis herbacé limitée par une fauche annuelle (mais
alors nécessairement très tardive: après le 15
août au moins, pour interférer le moins possible avec la
reproduction des orthoptères, qui intervient assez tard dans
l'été) ou bisannuelle, en rotation et... laissant des
zones refuges! Un mode de gestion qui peut être appliqué
aussi dans les parcs à gestion différenciée et les
jardins privés "naturels". à concilier, bien sûr,
avec les autres intérêts biologiques de chaque site (une
fauche très tardive favorable aux sauterelles pouvant être
défavorable à certains éléments de la flore
par exemple...).
L'utilisation d'herbicides le long des voies ferrées, toujours
très répandue à Bruxelles actuellement et avec des
doses importantes - pour des objectifs localement très
discutables (voies désaffectées...) -, devrait absolument
être limitée de façon drastique.
Les orthoptères et la loi en Région de
Bruxelles-Capitale
Un peu de vocabulaire