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Les mammifères
(chauves-souris exceptées)

de la Région de Bruxelles-Capitale

Zoogdieren (utigezonderd vleermuizen) van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest

Nous traitons des chauves-souris (vleermuizen) sur une page séparée, en raison de leur biologie bien particulière et des mesures de conservation qui en découlent, d'une part, et d'autre part en raison de l'importance de ce groupe (l'Ordre des Chiroptères) à Bruxelles : diversité en espèces, effectifs importants pour certaines d'entre elles dans un contexte régional ou même national - et donc des programmes particuliers de conservation dont elles font l'objet.
C'est un survol rapide des autres mammifères sauvages, encore présents actuellement en Région de Bruxelles-Capitale, qui est présenté ci-dessous.


l'empreinte du blaireau:
un souvenir (pas si lointain) à Bruxelles ?
Quelques espèces étaient présentes naturellement sur ce territoire, et particulièrement en forêt de Soignes, dans les siècles passés, mais y ont disparu  plus ou moins anciennement et ne semblent pas pouvoir revenir spontanément dans la situation actuelle (populations trop éloignées, barrières de milieux peu propices difficilement franchissables). Quant au blaireau, qui doit bel et bien être considéré comme éteint (récemment) dans les limites géographiques de la Région, il subsiste encore très localement en Brabant... et son retour (même naturel ?) n'est peut-être pas impossible.

Liste alphabétique des mammifères sauvages éteints à Bruxelles
Blaireau
Das
Meles meles
présent jusqu'à la fin des années 1980
Castor d'Europe
Bever
Castor fiber
disparu anciennement: dès le XVe s. ?
Cerf élaphe
Edelhert
Cervus elaphus
disparu début XIXe
Loup
Wolf
Canis lupus
encore présent au XIXe !
Loutre d'Europe
Europese otter
Lutra lutra
extinction complète courant  XXe s.
Muscardin
Hazelmuis
Muscardinus avellanarius
population isolée de Soignes éteinte à date indéterminée
Ours brun
Bruine beer
Ursus arctos
jusqu'au IXe s. au moins ?
Sanglier
Everzwijn
Sus scrofa
jusqu'au XIXe s.

Il subsisterait actuellement une trentaine d'espèces sauvages de mammifères (plus les chauves-souris) en Région de Bruxelles-Capitale. Il est difficile de donner un chiffre précis car certaines espèces n'ont été observées que de façon très exceptionnelle (martre), ou seraient proches de l'extinction (rat noir)...
Parmi cette faune, 3 espèces (4 en comptant le rat noir) sont originaires de régions lointaines et ont été introduites en Europe occidentale et moyenne par l'homme, de très longue date: le rat surmulot, le lapin (dès l'Antiquité) et le rat musqué (fin XIXe s.); la population bien établie de Tamias de Sibérie ou "écureuil de Corée", elle, est d'introduction beaucoup plus récente (années 1970).
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Liste alphabétique des mammifères sauvages présents à Bruxelles

Belette
Wezel Mustela nivalis

(Martre) (Boommarter) (Martes martes)
Campagnol agreste et C. des champs
Aard- en Veldmuis
Microtus agrestis et M. arvalis

Mulot sylvestre Bosmuis Apodemus sylvaticus
Campagnol roussâtre
Rosse woelmuis
Clethrionomys (= Myodes) glareolus

Musaraigne aquatique Waterspitsmuis Neomys fodiens
Campagnol souterrain Ondergrondse woelmuis
Pitymys (=Microtus) subterraneus

Musaraignes bicolore et musette Veld- en huisspitsmuis
Crocidura leucodon et C. russula
Campagnol terrestre Woelrat Arvicola terrestris

Musaraignes carrelet, couronnée et pygmée Bos, tweekleurige en dwergspitsmuis
Sorex araneus, S. coronatus et S. minutus
Chevreuil
Ree Capreolus capreolus

Putois Bunzing Mustela putorius
Ecureuil roux
Rode eekhoorn
Sciurus vulgaris

Rat des moissons Dwergmuis Micromys minutus
Fouine
Steenmarter Martes foina

Rat musqué
Muscusrat Ondatra zibethicus
Hérisson
Egel Erinaceus europaeus

Rat noir et rat surmulot
Zwarte en bruine rat Rattus rattus et R. norvegicus
Hermine
Hermelijn Mustela erminea

Renard roux
Vos Vulpes vulpes
Lapin de garenne
Konijn Oryctolagus cuniculus

Souris grise Huismuis Mus musculus
Lérot Eikelmuis Eliomys quercinus

Tamia de Sibérie
Siberische grondeekhoorn Tamias sibiricus
Lièvre Haas Lepus europaeus

Taupe
Mol Talpa europaea

Ordre des INSECTIVORES
le Hérisson  Erinaceus europaeus  Egel

Avec ses poils transformés en piquants, le hérisson ne peut être confondu avec aucun autre mammifère de nos régions.

Son habitat de prédilection est le bocage: mosaïque de bois, cultures ou prairies, haies... comme on en trouve dans la vallée de la Pede par exemple. À Bruxelles  il affectionne aussi les lisières (Soignes, Poelbos etc.), zones naturelles (Moeraske p. ex.), parcs et grands jardins riches en broussailles et hautes herbes (parc Duden et de Forest... des quartiers résidentiels à Uccle et Woluwé), les friches et talus de chemins de fer (gare Josaphat)... où il peut trouver des buissons, tas de bois et de feuilles, vieux murs. Pour qu'une population subsiste, les animaux doivent pouvoir se déplacer d'un milieu favorable à un autre via des couloirs tels que voies ferrées ou bords d'autoroute, berges de rivières.

Il peut atteindre localement en milieu suburbain des densités plus importantes que dans les campagnes avoisinantes, et les abords des villes pourraient donc constituer des réservoirs importants d'individus. Mais localement à Bruxelles (SE), on a observé une raréfaction du Hérisson depuis les années 1970. On manque cependant d'informations chiffrées à plus large échelle, et l'espèce reste somme toute mal connue dans notre ville.
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les musaraignes
Taille petite à très petite; long museau pointu dont le bout mobile fait penser à une petite trompe, portant de longues vibrisses; yeux petits et peu visibles: ces caractères permettent de distinguer les musaraignes, qui sont des Insectivores, des campagnols, mulots et souris... qui sont des Rongeurs et ne leur sont donc pas apparentés.
 Si vous trouvez l'animal mort, regardez ses dents: chez les musaraignes, les dents qui suivent les incisives sont toutes munies de pointes; chez les Rongeurs il y a, derrière les incisives très développées, un espace libre puis des dents à surface plane.
L'identification des espèces est surtout affaire de spécialistes, beaucoup de caractères externes (coloration, taille...) n'offrant pas une fiabilité suffisante.
les musaraignes du genre Sorex
spitsmuizen van het geslacht Sorex

Extrémité des dents rouge.
Trois espèces différentes pourraient être observées à Bruxelles, mais il y a une certaine confusion sur leur présence, en raison de la difficulté à distinguer S. coronatus et S. araneus.
La musaraigne pygmée S. minutus a été notée en forêt de Soignes et dans plusieurs zones "naturelles": Hof ter Musschen, marais de Jette-Ganshoren, vallée de la Pede au moins - elle affectionne en effet les milieux humides. Mais elle pourrait aussi être observée dans les maisons, où elle pénètre notamment en hiver, comme beaucoup de musaraignes.

les musaraignes du genre Crocidura
spitsmuizen van het geslacht Crocidura
Dents blanches.
Musaraignes bicolore et musette ont été trouvées en Région de Bruxelles-Capitale, mais on sait peu de choses sur leur distribution, les habitats qu'elles fréquentent... Comme les Sorex, elles peuvent pénétrer dans les bâtiments.
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la Musaraigne aquatique  Neomys fodiens  Waterspitsmuis

Seule musaraigne facile à identifier sur le terrain: grande taille (pour une musaraigne ! 7 à 9 cm sans la queue), dos gris noir (paraissant argenté dans l'eau à cause des bulles d'air) contrastant fort avec le ventre blanc. Peut difficilement être confondue quand elle montre son comportement typique: plonge et nage très agilement, ou court sur le fond en longues apnées; la forme amphibie du Campagnol terrestre est brune et plus grande que la Musaraigne aquatique.

Elle a été signalée dans plusieurs zones humides de la Région bruxelloise, en particulier dans la partie aval de la Woluwe (Hof ter Musschen, parcs Malou et des Sources) ainsi qu'au Rouge-Cloître et au Kinsendael.

La Région possède un potentiel important pour cette espèce, qui y présente un intérêt patrimonial car elle serait peu commune en Brabant et probablement en régression plus ou moins forte dans de nombreuses régions de Basse et Moyenne Belgique.

la Taupe Talpa europaea  Mol

Impossible à confondre: grande taille et pelage noir, pattes antérieures élargies en pelles, très petits yeux... Par contre ses "taupinières" peuvent être confondues avec les monticules de terre des campagnols terrestres (mais ceux-ci ont un orifice latéral et non central; ils sont aussi plus aplatis et comportent des débris végétaux).

Si la taupe est présente dans la majorité des espaces verts de la périphérie (sites "naturels", parcs... mais aussi talus des grands axes routiers), elle est rare par contre en forêt de Soignes et dans les secteurs au sol sablonneux.
Elle manquerait totalement dans les espaces verts isolés au sein du bâti, et dans l'intérieur de la ville en général.
Rappelons que la taupe se nourrit d'invertébrés (dont les vers-de-terre) et non de racines; elle ne fait donc pas de dégâts directs aux légumes du potager ou aux arbres...

Ordre des CARNIVORES
le Renard roux  Vulpes vulpes  Vos

Animal connu de tous et difficile à confondre, mais généralement discret ! Sa présence peut aussi être révélée sur le terrain par les empreintes et les crottes, mais ces indices peuvent être difficiles à trouver en ville, parmi l'abondance de ceux des chiens et chats...

Si le Renard existait déjà au XIXe siècle sur le territoire de l'actuelle Région de Bruxelles-Capitale, l'expansion de la ville (et la chasse, le piégeage) l'avait exclu dans un premier temps de toutes les zones urbanisées et très fréquentées par l'espèce humaine.
En Belgique, ce n'est que récemment que le Renard s'est adapté à ce nouvel environnement, à la faveur notamment d'une augmentation des effectifs dans les régions adjacentes plus rurales et boisées. À Bruxelles, c'est à la fin des années 1970 qu'on a commencé à voir régulièrement goupil à proximité des installations humaines; il a ensuite progressé rapidement à travers la ville, notamment via les axes de communication (talus de voies ferrées...). Il est maintenant présent à travers la quasi-totalité de la capitale, dans les quartiers où des espaces verts permettent son installation.
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la famille des Mustélidés

Les espèces de mustélidés qui subsistent en Région bruxelloise ont toutes le même aspect général et des moeurs assez voisines (rappelons que le Blaireau et la Loutre sont aussi des Mustélidés, mais sont éteints à Bruxelles): forme svelte et courtes pattes, museau court; très vifs et actifs, ils se déplacent surtout par bonds; ce sont des prédateurs de petits mammifères, oiseaux et oeufs (et d'amphibiens pour le Putois)...

La taille permet déjà faire facilement une distinction entre

la Fouine Martes foina (et la Martre Martes martes)
Steenmarter (en Boommarter)

En réalité la Martre ne fait probablement pas (encore?) partie de la faune de la Région de Bruxelles-Capitale: un seul individu a été observé jusqu'à présent, victime du trafic routier sur la grande ceinture (où elle était peut-être arrivée via un véhicule; 1999)! Cependant, l'espèce est en expansion en différentes régions de Belgique et... colonisera peut-être un jour la forêt de Soignes ? Il s'agit en effet d'une espèce strictement forestière, qui - contrairement à la Fouine - évite l'habitat humain.

La Fouine est rare à Bruxelles, contrairement à ce qui s'observe dans d'autres agglomérations. Elle n'aurait été observée qu'à Woluwé St Lambert / St Pierre, et au Zavelenberg.
Dans nos régions elle s'installe préférentiellement à proximité ou dans les habitations (greniers), granges..., où elle se fait particulièrement remarquer les nuits d'été par d'incessantes poursuites, très bruyantes... qui correspondent à la période de rut, et d'émancipation des jeunes.
Surtout crépusculaire et nocturne, elle peut causer quelques problèmes à l'homme quand elle pénètre dans un poulailler... ou quand elle ronge des fils électriques (notamment sous le capot des voitures!, comportement qui semble en augmentation), mais son action de prédateur nous est plutôt largement profitable, car la Fouine consomme de nombreux rongeurs déprédateurs de cultures (campagnols), et des rats (dans les fermes notamment). Opportuniste, elle mange aussi des fruits et divers déchets abandonnés par l'homme.


C'est surtout le trafic routier qui révèle la présence des mustélidés...


Fouine

Martre

Putois
le Putois  Mustela putorius  Bunzing

Ses couleurs permettent de le distinguer au premier coup d'oeil de la fouine: museau marqué d'une zone très claire, alternant avec une bande sombre à hauteur des yeux puis encore une zone claire sur l'arrière de la tête = "masque"; dos et flancs de couleur variable, foncés à très sombres (mais couleur brune moins chaude que chez la Fouine) mais à l'aspect "sale" car la bourre de poils jaunâtres du dessous transparaît; pas de zone claire à la gorge. Sa queue est aussi plus courte ainsi que ses oreilles, très arrondies.

Le Putois est une espèce liée aux zones humides, où il chasse dans la végétation dense, menant une existence très discrète. On sait qu'il a été ou est encore présent dans divers sites de la Région: forêt de Soignes (vallon du Vuylbeek...) et ses abords (Coin du Balai et Foresterie...), vallée de la Woluwe, Moeraske, marais de Jette-Ganshoren. Mais il reste largement méconnu.
C'est pourtant une espèce d'intérêt patrimonial à Bruxelles, car elle serait en régression généralisée et alarmante dans notre pays; la Région de Bruxelles-Capitale possède un éventail de milieux qui lui sont potentiellement favorables!
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l'Hermine Mustela erminea et la Belette Mustela nivalis
Hermelijn en Wezel

La distinction entre les deux espèces n'est pas très difficile... si on a le temps d'observer l'animal! Ce qui, vu leur vivacité, ne se produit pas à chaque fois. L'Hermine a toujours l'extrémité de la queue noire (même quand l'animal revêt un pelage blanc en hiver, ce qui se produit assez rarement chez nous?), et la démarcation entre le roux du flanc et le blanc du ventre suit une ligne régulière; la Belette a une queue très courte et uniformément colorée, la séparation entre le roux et le blanc des flancs est très sinueuse; la Belette est aussi nettement plus petite, notamment le mâle.
C'est la Belette qui apparaît la plus fréquente à Bruxelles, se maintenant entre autres dans sa périphérie E et NE. L'Hermine existe en forêt de Soignes et dans de rares autres sites comme l'Hof ter Musschen, mais l'urbanisation l'a certainement fait considérablement régresser, car les paysages de la région devaient a priori lui être plutôt favorables. Elle chasse dans une grande diversité de milieux (bocage, périphérie des villages...) et suit très souvent les berges de cours d'eau et les fossés.

Ordre des ARTIODACTYLES, famille des Cervidés

le Chevreuil  Capreolus capreolus  Ree

Le Chevreuil ne peut être confondu avec aucun autre animal actuellement en Région de Bruxelles-Capitale... Le mâle adulte ou brocard porte de mars à octobre des bois qui peuvent compter jusqu'à 3 andouillers (pointes). Le pelage d'été, d'un brun-roux chaud, devient beaucoup plus gris en hiver, tandis que la zone claire de l'arrière-train passe du jaunâtre au blanc.


L'empreinte de ses sabots mesure 4 cm  de long environ, et on peut reconnaître aussi ses amas de crottes d'un noir luisant, appelés "moquette", qu'on trouve au sein des ronciers par exemple. Il ne faut pas les confondre avec celles du mouton ou du lièvre.

En Région bruxelloise, le Chevreuil n'occupe pratiquement que la forêt de Soignes; il y en aurait actuellement 150 environ pour l'ensemble du massif, dont 1/3 environ sur le territoire bruxellois (soit une densité moyenne de 3 pour 100 ha). Cette densité a très fort fluctué au cours des deux derniers siècles en Soignes, y entraînant à plusieurs moments une disparition de l'espèce, suivie de sa réintroduction (2 fois au moins dans le cournat du XIXe).
Ils peuvent de temps à autres pénétrer dans des espaces verts adjacents et suffisamment tranquilles (domaines privés, Kauwberg).
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Ordre des RONGEURS

l'Écureuil roux  Sciurus vulgaris  Rode eekhoorn

Très connu, notre Écureuil indigène est bien plus grand que le Tamia de Sibérie, et les risques de confusion sont faibles.

Il occupe, avec localement de bonnes densités, la forêt de Soignes, mais se reproduit aussi dans plusieurs bois (Verrewinkel, Laerbeek...) et parcs boisés (parc Duden par exemple) de la ceinture verte de Bruxelles; d'autres sites sont trop petits pour abriter une population permanente, mais sont visités régulièrement en quête de nourriture et de nouveaux territoires.
Après une période de faibles densités vers les années 1970 (maladie?), il est à nouveau actuellement plus fréquent. Il ne peut malgré tout pénétrer dans les quartiers urbanisés que si une continuité existe dans le couvert arboré.


le Tamia de Sibérie ou "Écureuil de Corée" Tamias (=Eutamias) sibiricus
Siberische grondeekhoorn

1/3 plus petite que l'Ecureuil roux, cette espèce est aussi de couleur plus claire mais marquée de plusieurs bandes foncées qui courent du museau au bout de la queue; ses oreilles sont pointues et ne portent pas de pinceau de longs poils.
Passant beaucoup de temps à terre et très peu farouche, son comportement aussi est très différent de celui de l'Ecureuil roux, avec lequel il n'est d'ailleurs pas étroitement apparenté (il est classé dans un autre genre).

C'est une espèce originaire de la taïga  du N de l'Europe et de l'Asie, introduite dans nos régions par des particuliers qui le détenaient en captivité, et qui s'est bien naturalisée (à Bruxelles mais aussi dans d'autres villes). Les premières observations en Région bruxelloise datent de 1974 (Enfants noyés), et il s'est répandu depuis dans une partie de la forêt de Soignes et parcs attenants. Sa population actuelle compte plusieurs milliers d'individus (entre 2 et 7000 selon les estimations...).

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le Rat musqué Ondatra zibethicus  Muscusrat

Le "Rat" musqué n'est pas un véritable rat (il appartient à la même famille que les campagnols: les Arvicolidés), et ne leur ressemble d'ailleurs que très peu, tant physiquement que par le comportement. Il évoquerait plutôt le Castor... ce qui le rend déjà beaucoup plus sympathique!

Le Rat musqué ne vit jamais dans les égoûts ni les bâtiments, et ne pose aucun problème sanitaire.
C'est le plus grand Rongeur observable à Bruxelles (Lapin et Lièvre sont classés dans un Ordre différent); silhouette massive, museau court et oreilles peu visibles rappelent les campagnols, mais sa queue beaucoup plus longue (et comprimée) lui permet de nager par des ondulations latérales.
Il semble peu commun en Région de Bruxelle-Capitale (Hof ter Musschen, parc Sobiesky), et personne ne s'en plaindra car c'est une espèce "à problèmes" par les dégâts qu'elle cause aux berges de cours d'eau en y creusant des galeries. Ailleurs en Belgique il est très fréquent dans ses habitats (cours d'eau aux berges meubles et étangs), et piégé ou empoisonné systématiquement - sans effet réel à long terme car il est prolifique et la dispersion des jeunes est importante: il recolonise donc rapidement les secteurs où il a été éliminé.
Le Rat musqué est originaire d'Amérique du N, et a été introduit en Europe au tout début du XXe siècle, en Belgique vers 1925, au départ d'élevages pour la pelleterie.
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les campagnols

Sous le terme de campagnol se cache une grande diversité d'espèces appartenant toutes à une même (sous-)famille, mais à différents genres. Nous ne détaillons pas ici leur identification car elle est difficile sur base des seuls caractères extérieurs; la dentition par contre permet de bien séparer les genres, par exemple par les mâchoires trouvées dans les pelotes de réjection de rapaces.
Les campagnols se distinguent de nos autres Rongeurs (excepté le Rat musqué, beaucoup plus grand) par:
Ils vivent généralement dans les galeries qu'ils creusent dans ou en surface du sol, peuvent être très abondants certaines années (fluctuations cycliques chez de nombreuses espèces) et causer de gros dégâts aux cultures (régime exclusivement végétarien).
Cette uniformité apparente dans leur aspect et leur biologie ne doit pas cacher le fait que les différentes espèces peuvent avoir une écologie bien distincte, notamment par leurs habitats préférentiels.
Leur fréquence et leur distribution à Bruxelles peuvent d'ailleurs être assez tranchées: par exemple, le Campagnol roussâtre est très commun en forêt de Soignes, alors que le Campagnol des champs n'a plus été trouvé que dans quelques sites (marais de Jette-Ganshoren, vallée de la Pede). Ils restent cependant assez méconnus à Bruxelles, notamment en dehors des zones "naturelles" classiquement étudiées.

le Mulot sylvestre Apodemus sylvaticus  Bosmuis

Taille et comportement du Mulot rappelent ceux des campagnols, mais quelques détails permettent de l'identifier aisément:
Il abonde en forêt de Soignes et occupe aussi certains bois (Scheutbos p. ex.), parcs (Woluwé, Malou...), des secteurs "ruraux" comme la vallée de la Pede ou des sites "naturels" (Hof ter Musschen...). Les fluctuations d'abondance et de succès reproducteur du Hibou moyen-duc (Asio otus) en Soignes suivent de près les cycles pluriannuels d'abondance de cette espèce, qui constitue sa proie favorite.
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le Rat surmulot, ou rat gris, rat d'égout Rattus norvegicus et le Rat noir R. rattus
Bruine en zwarte rat

Le Rat noir est une espèce au bord de l'extinction (sinon éteinte) en Région de Bruxelles-Capitale, comme en maintes régions d'Europe occidentale. Orginaire d'Asie, il a été introduit involontairement par l'homme dans toutes les régions du globe, mais ne se maintiendrait plus chez nous que dans quelques zones portuaires et vieilles fermes (concurrence avec le Surmulot).
Le Surmulot est au contraire toujours très bien répandu, et abondant parfois (abords de certains étangs où les oiseaux sont nourris, par exemple). Il est également originaire d'Asie, et s'est répandu de par le monde via le trafic maritime.

le Rat des moissons  Micromys minutus  Dwergmuis

N'a pas grand chose à voir avec les vrais rats!
Le "rat" ou plutôt "souris" des moissons vit fréquemment dans les champs de céréales, ou les herbes hautes des zones humides, fossés... dans lesquelles il se déplace avec grande agilité et construit un nid en boule.
C'est une espèce menacée en Région de Bruxelles-Capitale, où les zones agricoles sont aujourd'hui très réduites; il se maintiendrait dans certains sites "naturels" présentant les types de végétation qui lui conviennent (massifs de joncs, laîches, massettes et autres herbes hautes des lieux humides): Hof ter Musschen, Moeraske, marais de Jette-Ganshoren.
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la Souris grise  Mus domesticus  Huismuis

C'est avec le Mulot surtout qu'il ne faut pas la confondre, celui-ci pouvant éventuellement pénétrer dans les habitations (y être ramené par un chat...). La Souris est plus grise que brune (pas de roux), et la transition vers le ventre plus clair est progressive; ses yeux sont plus petits que ceux du Mulot.
Sous nos latitudes la Souris ne vit pratiquement que dans les habitations, et est probablement distribuée à travers toute la Région de Bruxelles-Capitale.

le Lérot Eliomys quercinus  Eikelmuis

De la même famille (les Gliridés) que le Loir, le Lérot peut être identifié facilement au bandeau noir qui couvre les yeux, et à la longue queue terminée d'un pinceau noir et blanc.
Il peut occuper certains faciès forestiers, les lisières... et affectionne aussi les vieux vergers, les jardins riches en arbres et arbustes; il s'installe volontiers dans les habitations (greniers) et leurs dépendances (abris de jardin, remises...), pourvu qu'il y trouve un minimum de calme.
La présence du Lérot en forêt de Soignes et sur ses lisières est connue de longue date (aussi à Forest), et il semble qu'il y soit toujours présent actuellement (mais peu abondant?); peu d'autres sites bruxellois ont fourni des observations plus ou moins récentes: parc Walckiers, bois du Wilder. Il doit donc être considéré comme vulnérable à Bruxelles.
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Ordre des LAGOMORPHES

le Lapin de garenne  Oryctolagus cuniculus  Konijn

Ne peut être confondu qu'avec le Lièvre, mais les différences sont assez frappantes.
Il peut être observé en différents endroits de la forêt de Soignes, dans ce qu'il subsiste de paysages ruraux (Pede, Neder-over-Hembeek et Haren) et dans de nombreux espaces verts de la ceinture verte de Bruxelles, ou même plus centraux: parcs (Woluwe, Malou, Bon Pasteur, Josaphat...), friches (Foresterie, campus Plaine, Kauwberg), zones "naturelles" (marais de Jette, Hof ter Musschen), bois (Poelbos, Laerbeek, Wilder), le long de la Senne (Forest) mais aussi de grands axes routiers...
Le Lapin est originaire d'Afrique du N et de la péninsule ibérique mais a été introduit dans toute l'Europe dès l'Antiquité.

le Lièvre brun Lepus europaeus  Haas

Nettement plus grand que le Lapin, tête plus allongée et oreilles proportionnellement plus longues, terminées d'une grande tache noire, grands yeux, pattes postérieures très longues. Court vite sur de longues distances et fait de grands bonds.

Affectionnant les paysages ouverts, le Lièvre est surtout dans nos régions un habitant des espaces agricoles ("steppes" cultivées) et lisières forestières. Sur le territoire de la Région il a fortement régressé dans la seconde moitié du XXe siècle; il est devenu maintenant très rare, la seule population permanente qui subsisterait est liée à un paysage rural: celui de la vallée de la Pede. Ailleurs dans la périphérie bruxelloise, il fait des incursions en provenance des régions agricoles voisines, mais ne se maintient plus de façon permanente.


Les mammifères et la loi en Région de Bruxelles-Capitale

Pour en savoir plus...

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