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Les chauves-souris

de la Région de Bruxelles-Capitale

Vleermuizen van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest

Les chauves-souris constituent un groupe important de mammifères (l'Ordre des Chiroptères): plus de 900 espèces sont connues de par le monde.
Parmi celles-ci, 15 ont déjà été observées au moins une fois en Région bruxelloise. Ce n'est pas mal du tout, quand on sait que la faune belge dans son ensemble se limite à une vingtaine d'espèces...
protection
législation
bibliographie

Cette diversité est liée notamment à l'existence

Autrefois, la présence de sites souterrains d'hibernation (glacières) de bonne qualité était un autre facteur favorable. En effet, toutes nos chauves-souris sont des prédateurs, se nourrissant d'invertébrés: insectes capturés en vol, glanés au sol ou sur les feuillages, mais aussi araignées, opilions... Ce qui les contraint, sous nos climats, à rester inactives durant l'hiver, seules ou en groupes dans un refuge à l'abri des grands écarts de température, comme les grottes naturelles (absentes à Bruxelles) et leurs substituts (galeries et carrières souterraines, caves non chauffées...), les trous d'arbres (et vides ventilés des bâtiments...). Certaines espèces effectuent aussi des déplacements (migrations) plus ou moins longs.

Cependant, plusieurs espèces ne constituent sans doute que des visiteurs occasionnels à Bruxelles; d'autres ont aujourd'hui disparu de la Région. Il faut savoir que les chiroptères constituent l'un des groupes de vertébrés les plus menacés à l'heure actuelle, à l'échelle européenne au moins (protection).
À côté de celà, des espèces nouvelles sont venues s'ajouter ces dernières années à la liste bruxelloise, parce qu'elles étaient jusqu'ici confondues avec une "espèce-jumelle", dont elles ne se distinguent parfois que par les ultrasons émis.


Liste alphabétique complète des chauves-souris observées à Bruxelles
Barbastelle d'Europe
Barbastella barbastellus
Mopsvleermuis
Grand Murin
Myotis myotis
Vale vleermuis
Murin (= Vespertilion) à moustaches
Myotis mystacinus
Baardvleermuis
Murin (= Vespertilion) à oreilles échancrées
Myotis emarginatus
Ingekorven vleermuis
Murin (= Vespertilion) de Bechstein
Myotis bechsteinii
Bechsteins vleermuis
Murin (= Vespertilion) de Daubenton
Myotis daubentonii
Watervleermuis
Murin (= Vespertilion) de Natterer
Myotis nattereri
Franjestaart
Murin (= Vespertilion) des marais
Myotis dasycneme
Meervleermuis
Noctule commune
Nyctalus noctula
Rosse vleermuis
Noctule de Leisler
Nyctalus leisleri
Bosvleermuis
Oreillard roux
Plecotus auritus
Gewone grootoorvleermuis
Pipistrelle commune
Pipistrellus pipistrellus
Gewone dwergvleermuis
Pipistrelle de Nathusius Pipistrellus nathusii
Ruige dwergvleermuis
Pipistrelle pygmée
Pipistrellus pygmaeus
Kleine dwergvleermuis
Sérotine commune
Eptesicus serotinus
Laatvlieger

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Taille, style de vol, comportement et lieux de chasse peuvent aider à identifier quelques espèces, mais cela reste souvent difficile si l'on ne dispose pas d'un détecteur d'ultra-sons et d'une solide expérience dans la manipulation de ceux-ci.
Même posées, les chauves-souris peuvent être difficiles à déterminer. Leur manipulation est réservée aux spécialistes et nécessite des autorisations particulières, de même que le contrôle des sites d'hibernation où les dérangements doivent être limités au strict minimum nécessaire à un suivi scientifique.

Ci-dessous, nous ne présenterons donc, sommairement, que quelques espèces qui sont les plus fréquentes à Bruxelles et les plus "faciles" (?) à identifier. Pour en savoir plus

les pipistrelles - de dwergvleermuizen

Nos plus petites chauves-souris (mais nos vespertilions sont également très petits) comptent 3 espèces-jumelles qu'il n'est possible de distinguer que grâce aux émissions ultrasonores.

La pipistrelle commune semble la plus fréquente des trois et est très largement distribuée en Région de Bruxelles-Capitale (où ce serait la seule chauve-souris bien représentée en dehors des espaces verts à haute valeur biologique; et généralement de loin l'espèce la plus abondante - mais le vespertilion de Daubenton peut aussi être localement abondant). Elle est en effet anthropophile et gîte surtout, été comme hiver, dans les bâtiments; mais on la trouve aussi dans des trous d'arbres... Chasse aussi bien sur les lisières forestières que dans les parcs, les quartiers résidentiels suffisamment verts, certaines avenues plantées d'arbres, au-dessus des étangs, etc..

crottes de pipistrelle trouvées dans un grenier

Sédentaire

Les deux autres espèces de pipistrelles sont encore très mal connues.
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le Vespertilion (ou Murin) de Daubenton
de Watervleermuis

À peine plus grande qu'une pipistrelle, cette espèce chasse avant tout au-dessus de l'eau, notamment celle des étangs surplombés par de vieux arbres, où il décrit au ras de l'eau des circuits en forme de 8.

Trouvant en Région de Bruxelles-Capitale des milieux qui lui conviennent particulièrement bien, il peut atteindre localement des densités élevées. Par exemple à l'étang Ten Reuken, où on a pu compter jusqu'à 200 individus en même temps. Chasse également dans les clairières des bois et parcs (Bois de la Cambre...). Mais, pour se déplacer de son gîte a son lieu d'alimentation, il a besoin de couloirs arborés continus car il vole peu à découvert, loin des arbres. Les gîtes d'été sont situés surtout dans des trous d'arbres (par exemple hêtres de la forêt de Soignes), tandis que l'hiver est passé dans des gîtes souterrains.

Migrateur partiel.

la Sérotine - de Laatvlieger

Chauve-souris de taille moyenne, aux ailes larges, assez répandue à Bruxelles (l'une des plus fréquentes avec la pipistrelle commune). Sort de son gîte, situé surtout dans des bâtiments, peu de temps après le coucher du soleil, et rejoint alors "en files" ses terrains de chasse: parcs boisés et pelouses, étangs, allées d'arbres et lisières (assez diversifiés donc).

Sédentaire
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les noctules - de rosse (en bos-)vleermuis

La Noctule commune est une espèce de grande taille (pour une chauve-souris de Belgique!), à longues ailes étroites, qui sort bien avant la nuit tombée pour voler à grande hauteur autour de la couronne des arbres... vol entrecoupé de brusques piqués typiques.

La combinaison de ces caractéristiques permet de l'identifier à vue sans trop de difficulté.
Surtout forestière, elle chasse aussi au-dessus des arbres des grands parcs, des étangs et de certains espaces bâtis. Elle aurait déserté plusieurs parcs ces dernières années. Les colonies s'installent surtout dans les arbres creux (surtout anciennes loges de pics); mais à Bruxelles, il arrive aussi qu'elle gîte dans des bâtiments. Peut effectuer de longs déplacements jusqu'à ses lieux de chasse.
Migratrice

Sa cousine la Noctule de Leisler, plus mériodionale, est également présente localement à Bruxelles. Plus petite et plus difficile à identifier, son principal noyau de population serait situé de forêt de Soignes, où elle chasse ainsi qu'au-dessus de certains étangs périphériques.

l'Oreillard roux - de Gewone grootoorvleermuis

De taille moyenne, avec de très grandes oreilles. Surtout forestier, l'oreillard chasse autour des arbres ou dans la ramure même de ceux-ci. Il compte au moins deux noyaux de population en Région de Bruxelles-Capitale: l'un lié à la forêt de Soignes et ses abords, l'autre aux parcs forestiers proches du Parc Roi Baudoin; il aussi été observé au Moeraske par exemple. Gîte dans des bâtiments ou arbres creux, en hiver aussi dans les sites souterrains.

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Menaces et protection
Les chiroptères et la loi en Région de Bruxelles-Capitale
Un peu de vocabulaire

espèces jumelles: Xespèces très proches et indiscernables morphologiquement (taille, forme, couleur, dessins...) mais que des techniques particulières (analyses de l'ADN ou des protéines; des émissions ultrasonores...) ont permis d'identifier comme génétiquement différenciées et isolées (ne s'hybidant pas)
glacière: cavité souterraine, aménagée ou creusée jadis pour le stockage de la glace (prise sur les étangs en hiver...) qui servait à la conservation des aliments
hibernation: période d'immobilité hivernale, se traduisant par un ralentissement de toutes les fonctions vitales (respiration, battements du coeur...), une baisse de la température interne, etc.. L'aniaml vit alors sur des réserves de graisse spécialement accumulées. Si le niveau de celles-ci tombe sous un certain seuil, il arrive qu'une chauve-souris sorte de sa torpeur en pleine hiver.
migration: déplacement saisonnier régulier, sur des distances plus ou moins longues, lié notamment à la disponibilité en nourriture
opilion: ou faucheux: invertébré apparenté aux araignées (chélicères, 4 paires de pattes...) mais chez lequel céphalothorax et abdomen n'apparaissent pas nettement séparés; la plupart de nos espèces ont aussi des pattes démesurément longues, 2 yeux (et non 8)...
ultrasons: sons trop aigus que pour pouvoir être perçus par l'oreille humaine (certaines émissions sonores de chauves-souris sont audibles), donc de fréquence supérieure à 18 kHz (kilohertz). Les ultrasons des chiroptères européens s'étendraient jusqu'à plus de 100 kHz; ce sont des cris, émis par le larynx. Ils servent notamment à l'écholocation (ou écholocalisation): perception de l'environnement (obstacles, proies... position, vitesse et direction des déplacements, identification) basée sur le même principe que le sonar (interprétation de l'écho réfléchi).

Pour en savoir plus...

*peuvent être consultés à la bibliothèque du Centre Paul Duvigneaud

En Belgique francophone fonctionne le groupe de travail Plecotus, de Natagora asbl, qui dispose d'un large réseau de bénévoles passionés par les Chiroptères et motivés pour leur conservation et l'éducation du public, épaulé par un permanent. Consultez leur site www.chauves-souris.be ; e-mail: plecotus(at)natagora.be. Le réseau SOS Chauves-souris qu'il organise peut vous guider pour tout problème (animal blessé ou nuisances, conseils lors de travaux de rénovation, etc.).

L'équivalent en Belgique néerlandophone est le Vleermuizenwerkgroep de Natuurpunt.

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